L’entrée à la crèche : une première séparation

 

 

Le congé maternité prend fin, et vient le moment de confier son enfant à une tierce personne. Des sentiments souvent contradictoires surgissent à l’heure de cette première séparation. Aussi difficile soit-elle, elle peut être bénéfique pour chacun. Quelques pistes pour mieux vivre cette étape…

 

  • Ce que cela signifie pour le bébé

Aussi petit soit-il, le bébé se rend compte de ce changement de vie. « Il perçoit l’urgence du temps et du rythme, mais aussi l’anxiété de ses parents. Il peut traduire ce sentiment d’insécurité par quelques colères », explique Christine Brunet, psychologue. Dans le même temps, cette séparation peut le rassurer. Elle lui montre que ses parents peuvent le laisser, mais qu’ils reviennent toujours le chercher.

 

  • Ce que cela signifie pour les parents

C’est souvent pour la maman que cette première séparation est la plus difficile. Après des semaines de fusion, vient l’heure de rompre cette dyade originelle. Entre la culpabilité de confier son enfant pour aller vivre sa vie de femme active, l’angoisse d’un éventuel incident, et parfois, un peu de jalousie envers cette tierce personne qui passera la journée avec son bébé, l’entrée à la crèche peut être un véritable crève-cœur.

La maman doit laisser une professionnelle, (une tierce personne !) s’occuper de son bébé et elle doit l’accepter. Mettre des mots sur les sentiments qui l’animent, culpabilité, peur, frustration… en parler avec le papa, son enfant, les professionnelles de la crèche et accepter ces sentiments.

 

Petits conseils des professionnelles de la Farandole sur ce temps d’adaptation et de confiance mutuelle à instaurer.

 

  • Respecter une période d’adaptation qui est aussi un temps de rencontre 

Quel que soit le mode de garde, une période d’adaptation est indispensable pour le bébé et ses parents. Le système est bien rôdé à la Farandole avec une adaptation échelonnée sur deux semaines : une ou deux heures les premiers jours, une demi-journée, puis une journée entière.

Dans ce processus, le rôle de la maman (ou du papa) est central. C’est un temps où vous, parents, allez accompagner votre bébé dans son nouveau lieu, y rester avec lui, faire connaissance avec l’Equipe à laquelle, bientôt, vous allez le confier. Ce lieu sera pour lui investi de votre présence et votre bébé se souviendra de vous lorsqu’il s’y retrouvera seul. Ce temps d’adaptation est aussi l’occasion de bien comprendre le fonctionnement de la structure, d’échanger avec le personnel de la crèche, de poser des questions, mais aussi de formuler vos attentes en matière d’éducation et de soins à votre enfant.

 

  • Avoir confiance en ce mode de garde que vous avez choisi

Depuis la naissance, la maman s’est tellement investie dans son rôle qu’elle pense être l’unique personne capable de s’occuper de son bébé. Au fil de ce tête à tête quotidien, elle a appris à bien connaitre son enfant ; elle sait désormais décrypter ses pleurs, et y répondre. Il faut toutefois garder à l’esprit que les professionnelles qui auront en charge leur bébé ont reçu une formation pour exercer ce métier. La journée, elles sont disponibles à 100% pour les enfants  ( pas de repas à préparer, de repassage ou de ménage à faire par ailleurs).  Elles ont eu l’occasion de s’occuper de tant de bébés, et savent s’adapter au rythme de chacun.

La séparation se fera d’autant mieux que votre enfant sentira que vous le laisser en toute confiance le matin.

 

  • Expliquer la situation à son enfant

Lors de toute situation nouvelle, il est important de parler à son bébé, quel que soit son âge. « Je te laisse pour aller au travail, mais « x » (nom de l’auxiliaire) va s’occuper de toi. Je reviendrai ce soir te chercher, et je penserai à toi pendant toute la journée ».

Ces mots rendront la séparation plus douce, car « la parole reste quand celui qui l’a prononcé a disparu », disait Françoise Dolto.

« Si le bébé ne peut saisir le sens des mots, il est sensible à l’intonation de la voix de ses parents. Il est tout à fait naturel d’être contente de retrouver son travail, et il faut transmettre, par la voix, ce plaisir d’aller faire ce que l’on a à faire », ajoute Christine Brunet.

 

  • Voir le bon côté des choses

Cette séparation, si elle est imposée par la reprise du travail, est aussi bénéfique pour l’enfant qui gagnera des compagnons de jeu et découvrira un environnement ludique lui permettant d’explorer plein de choses nouvelles. Mais surtout, vous et votre enfant allez apprendre à vous éloigner l’un de l’autre. Un premier jalon dans la « séparation-individuation », ce long cheminement permettant à l’enfant de devenir autonome.

 

  • Profiter des retrouvailles

« L’intensité et la qualité du temps de présence comptent davantage que la quantité » rappelle Anne Bacus, docteur en psychologie et psychothérapeute. Aussi difficile soit-il de décrocher des préoccupations professionnelles et de fermer les yeux sur les tâches domestiques, essayer de consacrer entièrement les quelques heures du soir à votre enfant. Le bain, le repas, le coucher sont des moments d’échange tout aussi importants que les autres activités de la journée.

 

  • Les transmissions au quotidien…

Le matin et le soir, prenez quelques minutes pour parler avec l’auxiliaire. Il est très important pour les équipes de savoir comment se sont passés la nuit, le week-end afin d’adapter la suite de la journée. Le soir les auxiliaires vous informeront sur la journée, les éventuels petits soucis de santé, les activités auxquelles votre enfant a participé.

Une façon de passer le relais, tout en douceur et en confiance !